Anne-Gaëlle Huon

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Les coulisses

Les Demoiselles, l'interview

Retour sur la naissance du roman, des Hirondelles de Mauléon aux grandes Cocottes de la Belle Époque.

Atelier d'espadrilles à Mauléon

Pourquoi avoir choisi de raconter l'histoire des Hirondelles ?

Il y a quelque chose de très romanesque dans le périple que ces Espagnoles effectuaient à pied à travers les Pyrénées pour rejoindre la France. Leur jeunesse, certaines avaient à peine douze ans, et leur enthousiasme m'ont touchée. J'étais étonnée que peu de Basques, pourtant si fiers de leur patrimoine et de leur savoir-faire sandalier, connaissent leur histoire. Le voyage de ces petites mains clandestines ne peut que faire écho à celui des migrants d'aujourd'hui.

« Dans ce roman, le féminisme se conjugue au passé, avec courage et sensualité. »

Ce roman entremêle l'Histoire et l'histoire…

Beaucoup de figures importantes du début du siècle se croisent entre ces pages. De l'inventeur des Pataugas, figure emblématique de la région, à Charlie Chaplin, dont le passage très remarqué au Pays basque m'a inspiré une scène du roman. Derrière les personnages des Demoiselles, on devine aussi les grandes Cocottes du début du siècle, Liane de Pougy, Émilienne d'Alençon ou Valtesse de la Bigne. Ces femmes sont des figures féministes à leur façon. Leur émancipation donne matière à des scènes aussi joyeuses qu'inattendues.

Après la Provence, vous convoquez le Pays basque. Pourquoi cette affection pour la France des villages et des artisans ?

Ma grand-mère maternelle est béarnaise. C'est lors d'un passage à Mauléon que j'ai visité l'atelier d'espadrilles local. Leur savoir-faire m'a fascinée, tout autant que la passion que ces artisans mettent dans leur travail. J'ai passé de longues journées dans l'atelier à les observer. Le ballet des mains qui transpercent le tissu et la corde, l'odeur de la tresse, le roulis des machines… Il y a dans ce savoir-faire quelque chose d'intouché qui me rassure, une forme de nostalgie lumineuse.

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